Editorial de l’Arche


 


« Celui qui est affectionné pour quelqu’un vénère aussi les choses que cette personne a laissées d’elle-même après sa mort » dit simplement saint Thomas d’Aquin (†1274).

La théologie part de l’expérience humaine la plus simple et spontanée. Les fans de Johnny Halliday seraient disposés à payer un bon prix pour obtenir une de ses guitares. Les fans de Messi se sentiraient plus qu’heureux s’ils pouvaient se procurer un de ses maillots. Mais la plupart de ses fans doivent se contenter d’un maillot avec son nom mais qu’il n’a jamais porté.

Nous apprécions tous des souvenirs de nos proches : des photos, un objet sans valeur commerciale mais de grande valeur sentimentale, qui appartenait à un proche. En gardant précieusement de tels objets, on « touche » en quelque sorte la personne à qui ils appartenaient. Si on conserve ces objets, à plus forte raison vénère-t-on une relique d’un saint.

Voici ce que rapportent les actes du Martyre de saint Polycarpe (†156) : « Le centurion fit brûler le corps de Polycarpe. Ainsi nous, ensuite, ramassant les ossements plus précieux que les gemmes de grand prix et plus épurés que l’or, nous les avons déposés en un lieu convenable. Là même, autant que possible, nous nous réunissons dans l’allégresse et la joie en mémoire de ceux qui sont déjà sortis du combat, et pour exercer et préparer ceux qu’attend le martyre. »

Lorsque saint Cyprien fut décapité, les fidèles se sont précipités pour tremper des linges en son sang pour les conserver comme reliques. Les premiers chrétiens vénéraient surtout les reliques des martyrs, ce qui galvanisait leur courage pour faire face aux persécutions. Ainsi, ils ont commencé à avoir recours à leur intercession.

On célébrait la sainte messe sur les tombeaux des martyrs. Dans notre église paroissiale, beaucoup de reliques ont été enterrées dans le sol en dessous de l’autel. La liste de ces reliques est longue, dont celles des saintes martyres Agnès, Cécile et Lucie, ainsi que celle de saint Just.

Lors de la consécration de l’église en 1995, on a enterré également sous l’autel les reliques de saint Louis, de saint Philippe Néri, de saint Vincent de Paul, de saint Louis-Larue Grignion de Monfort, de sainte Catherine Labouré, de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, de saint Charbel Maklouf et de sainte Faustine.

Saint Jean Damascène (†749) a écrit que si Dieu « a fait jaillir de l’eau d’un rocher au désert, pourquoi serait-il incroyable qu’Il fît jaillir un torrent de grâces du corps des saints ? »

Saint Jérôme (†420) a expliqué que nous honorons les reliques des martyrs afin d’adorer Celui dont ils ont été les martyrs.

Saint Thomas d’Aquin consacre un article de la Somme à justifier la vénération des reliques. Il en donne trois motifs :

• l’affection qui nous lie aux saints, amis de Dieu et nos intercesseurs auprès de Lui, nous porte à vénérer tout ce qui reste d’eux, vêtements, objets etc.

• on doit vénérer principalement le corps des saints qui ont été les temples et les organes de l’Esprit Saint et qui doivent être configurés au corps du Christ dans la gloire de la Résurrection.

• toute l’histoire de l’Église prouve que Dieu accomplit des miracles en présence des reliques des saints.

Pendant le mois de novembre, non fêtons tous les saints non-canonisés et nous prions pour le repos éternel de tous les défunts. Soyons conscients pendant la messe que nous sommes très proches d’eux dans le Corps Mystique du Christ et pensons que le Saint Sacrifice est célébré au-dessus de beaucoup de saints canonisés.

Père Dónal

 


Les commentaires sont fermés.