Editorial de l’Arche



Pendant la dernière Cène, Jésus a surpris les Apôtres quand il leur a dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. »

Nous aussi sommes comptés parmi ses plus chers amis. Le Christ est notre compagnon et ami ; un compagnon qui n’est visible qu’à travers les ombres, mais dont la réalité remplit toute notre vie et nous fait désirer sa présence définitive.

Bien sûr, notre amitié avec le Seigneur est plus qu’une simple amitié entre deux personnes. Nous le confessons comme notre Seigneur et notre Dieu. En Jésus, Dieu veut partager notre vie, y compris nos soucis et nos tribulations : « Je vous donnerai du repos. »

« La capacité d’amitié est ancrée dans la nature sociale. La vie sociale n’étant donc pas quelque chose d’extérieur à l’homme, il grandit dans toutes ses facultés et peut répondre à sa vocation par la rencontre des autres, par le service mutuel et par le dialogue avec ses frères » (Gaudium et Spes).

L’amitié est constituée d’affection, de fidélité et de confiance. Une véritable amitié, un véritable amour, conduit à une camaraderie claire et limpide, à la disponibilité à rendre service.

Nous nous sommes habitués aux néologismes présentiel et distanciel. Notre amitié avec Jésus a besoin du présentiel, dans la prière et dans les sacrements !

Nos rencontres avec Lui dans la prière ne doivent pas être réduites à des occasions de Lui demander ceci ou cela, mais simplement d’être avec Lui, de méditer l’évangile pour mieux Le connaître, et de Lui parler de nos affaires, de nos joies et de nos peines, de nos ambitions et de nos projets.

L’amitié avec le Christ conduit à une attitude plus ouverte et compréhensive envers notre prochain. Le contact avec le Christ dans la prière rend l’âme sensible et encline à l’amitié avec d’autres personnes. Nos réactions deviennent plus compréhensives, plus généreuses et patientes. Le bon ami sait comment se tenir aux côtés de son ami en cas de besoin.

Cela suppose de la générosité, de la sympathie, de la solidarité et surtout la volonté de faire des sacrifices. L’amitié devient pure et forte lorsqu’elle est soutenue et nourrie par l’amour qui unit l’âme du chrétien à Jésus.

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » (Jn 13, 34)

L’amitié est devenue pour beaucoup une occasion de se rapprocher de Dieu. L’ami partage la bonne nouvelle avec l’ami, comme c’était le cas d’André avec son frère Pierre, de Jean avec son frère Jacques, de Philippe avec son ami Nathaniel. Le désir de partager le meilleur que l’on a est tout à fait normal. Et la chose la plus précieuse que nous possédons, c’est l’amitié avec le Christ.

Avec patience et persévérance, nous pouvons rapprocher du Seigneur nos amis, en faisant ensemble un temps de prière, en rendant visite à une personne pauvre ou malade ou en les invitant à la messe dominicale. L’occasion ne tardera pas de leur parler en profondeur, et leur ouvrir de nouveaux horizons d’engagement chrétien.

La pensée de l’amour du Seigneur pour les gens et de la façon dont il veut se servir de notre amitié peut nous aider dans l’apostolat. Quelle joie quand un ami à nous devient un ami à Lui !

Père Dónal

 


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