Editorial de l’Arche



Mois de mai, mois de Marie. « Voici ta mère, voici ton fils ». Jésus a confié sa Mère à saint Jean, non seulement comme protecteur mais aussi comme fils. Et en disant « voici ton fils », Jésus a confié saint Jean aux soins maternels de Marie. La tradition de l’Église a toujours considéré que tous les baptisés étaient représentés dans la personne de Jean. Ainsi nous pouvons affirmer que nous sommes fils et filles de Marie. Depuis les premiers siècles la dévotion mariale a fait partie intégrante de la piété chrétienne. La prière mariale « Sub tuum praesidium » remonte au troisième siècle (le texte fut retrouvé sur un papyrus égyptien daté de l’année 250).

Sous votre protection nous venons nous réfugier, sainte Mère de Dieu ; ne rejetez pas les prières que nous vous adressons dans tous nos besoins : mais délivrez-nous de tous les dangers, Vierge glorieuse et bénie.

Pendant le mois de mai nous essayerons d’approfondir notre amour pour la Vierge Marie, notamment dans la récitation et la méditation des mystères du Saint Rosaire. Mais en réfléchissant à mai 2020, je me disais que les circonstances actuelles peuvent nos aider à porter un regard plus concret sur la maternité de Marie : elle est ma mère, je suis son fils.

On raconte parfois que des soldats lourdement blessés dans une bataille crient à leur mère de venir à leur secours. C’est une réaction qui a des racines fortes dans la relation durable d’un fils avec sa mère.

C’est vrai que la relation mère–fils change avec l’âge ainsi que d’une personne à une autre. La relation de Marie, en tant que mère, avec ses enfants ne devrait pas être celle d’un enfant en pleine crise d’adolescence, ou celle d’un jeune époux qui doit ajuster sa relation filiale à la circonstance conjugale, ou la relation fils-mère quand celle-ci est très âgée et dépendante. Il me semble que notre relation avec Marie devrait ressembler à celle d’un enfant de 5 à 9 ans.

Les représentations de la Vierge Marie sont rarement très maternelles : mission impossible pour un artiste, même s’il y a de très beaux tableaux de la Vierge avec l’Enfant. Nous devons faire travailler notre imagination pour prier notre Mère Marie comme un enfant qui vient de se casser le bras, ou de se brûler la main en vérifiant si la plaque électrique était vraiment chaude : ses caresses, ses paroles douces pour nous soulager. La chaleur maternelle de Marie dépasse toute autre chaleur maternelle.

La phrase « monstra te esse matrem » (montre que tu es notre mère) d’un hymne marial me surprend toujours. Quelle impertinence ! Mais je pense qu’elle manifeste aussi une confiance immense !

Osons la répéter comme oraison jaculatoire pendant le mois marial du confinement : « Monstra te esse matrem et préserve-nous de tout danger Vierge glorieuse et bénie. Nous en avons besoin. »

 

Père Dónal

 

 


 

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