C’est Noël ! Au cœur de la nuit, la lumière a resplendi pour nous : Dieu s’est fait homme, il demeure parmi nous. La simplicité presque enfantine de cette vérité que notre foi proclame ne manque pas de nous désarçonner. Que Dieu se refuse à abandonner l’humanité aux prises avec l’injustice, la violence et la mort, tous les prophètes l’avaient compris et annoncé. Qu’il le fasse en assumant lui-même la vulnérabilité d’un petit enfant, voilà qui n’est pas banal. Seul l’amour de Dieu pouvait concevoir une telle manière de nous rejoindre.
Tous les ans, en fêtant Noël, nous cherchons à retrouver cet émerveillement devant le mystère du Dieu tout-puissant qui s’est fait le plus petit. Nous cherchons à goûter, ne serait-ce que pour quelques instants, la paix et la joie que seul Dieu peut donner. Toute l’ambiance que nous créons autour de cette fête – lumières, décorations, etc. – est là pour nous aider à entrer dans la joie spirituelle. Cependant, si nous en restons à cette « ambiance », à cette joie extérieure, ou bien si Noël devient la « fête de la consommation » et de l’excès, la joie passera bien vite.
Un autre risque, plus subtil, serait de s’en tenir à l’attendrissement que suscite bien naturellement cette scène de la crèche, en ne faisant pas le pas supplémentaire, celui qu’ont fait les bergers et les mages : s’approcher au seuil de la crèche et là, à genoux, accueillir le don de Dieu. Car depuis le jour de Noël, depuis ce moment où notre histoire est devenue sienne, c’est notre vie que Dieu vient visiter. Notre vie qu’il vient unir à la sienne. Nous ne serons plus jamais seuls face aux épreuves et aux souffrances de notre vie. Dieu est là. Il est l’Emmanuel : « Dieu-avec-nous ».
Dans le secret de la nuit de Noël se joue ce que les premières générations chrétiennes n’ont pas hésité à appeler « l’admirable échange » : nous avons offert à Dieu notre humanité, et lui vient nous donner sa divinité. Entrons donc dans cette vraie joie de Noël, une joie que rien ni personne ne pourra jamais nous ravir. Joyeux Noël !
Abbé Arthur Auffray, curé
