Editorial de l’Arche



Le temps austère du Carême s’approche, un chemin de conversion pour affronter avec les armes de la pénitence le combat spirituel. En imposant les cendres mercredi 6 mars le célébrant nous dira « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » ou « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. »

Benoît XVI : « Le Carême est un temps favorable pour renouveler, à l’aide de la Parole de Dieu et des Sacrements, notre itinéraire de foi, aussi bien personnel que communautaire. C’est un cheminement marqué par la prière et le partage, par le silence et le jeûne, dans l’attente de vivre la joie pascale. »

Quelques réflexions à la lumière d’un texte de la Lettre aux Hébreux : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » (10, 24).

Ce péricope nous exhorte à faire confiance à Jésus Christ qui nous a obtenu le pardon et l’accès à Dieu. Approchons-nous de lui « avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi », et gardons indéfectible « la confession de l’espérance » (v. 23) en faisant constamment attention à exercer avec nos frères « la charité et les œuvres bonnes ».

Cette exhortation nous invite à fixer le regard tout d’abord sur Jésus, et ensuite à être attentifs les uns envers les autres.

Le grand commandement de l’amour du prochain exige d’être conscient d’avoir une responsabilité envers les autres enfants de Dieu : le fait d’être frères doit nous amener à voir dans l’autre un véritable alter ego, aimé infiniment par le Seigneur. Cultivons ce regard fraternel.

L’Écriture nous met en garde contre le danger d’avoir le cœur endurci par une sorte d’anesthésie spirituelle qui nous rend aveugles aux souffrances des autres.

La société actuelle peut devenir sourde aux souffrances physiques comme aux exigences spirituelles et morales de la vie. Il ne doit pas en être ainsi dans la communauté chrétienne !

Benoît XVI : « L’expression de la Lettre aux Hébreux (10, 24), nous pousse à considérer l’appel universel à la sainteté, le cheminement constant dans la vie spirituelle à aspirer aux charismes les plus grands et à une charité toujours plus élevée et plus féconde»

Comme déjà chez les prophètes, l’appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d’abord des œuvres extérieures, le sac et la cendre, le jeûne et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure.

Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles ; cependant, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence.

La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : « Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis » (Lm 5, 21).

Le Carême nous offre une occasion providentielle pour approfondir le sens et la valeur de notre identité chrétienne, et nous stimule à redécouvrir la miséricorde de Dieu pour devenir, à notre tour, plus miséricordieux.

Père Dónal


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