Editorial de l’Arche

Peut-être avons-nous profité des vacances scolaires pour lire cette exhortation apostolique du Pape François ? Cinq chapitres brefs, dans le style concret et optimiste auquel nous a habitué le Saint-Père. Les premiers mots donnent le ton : « Le Seigneur demande tout ; (…) Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. »1

Ce point, qui constitue le message central du document, est développé dans le premier chapitre :

« Ce que je voudrais rappeler par la présente exhortation, c’est surtout l’appel à la sainteté que le Seigneur adresse à chacun d’entre nous, cet appel qu’il t’adresse à toi aussi : ‘‘Vous êtes devenus saints car je suis saint’’ (Lv 11, 44 ; cf. 1 P 1, 16). Le concile Vatican II l’a souligné avec force : ‘‘(…) tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun sur sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père’’2. »3

Le Pape souligne a plusieurs reprises que la sainteté n’est pas réservée à certaines personnes :

« Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuse ou religieux. Bien des fois nous sommes tentés de penser que la sainteté n’est réservée qu’à ceux qui ont la possibilité de prendre de la distance par rapport aux occupations ordinaires, afin de consacrer beaucoup de temps à la prière. Il n’en est pas ainsi. Nous sommes appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. »4

Les chapitres suivants illustrent les conséquences de cet appel.

Dans le deuxième chapitre, le Pape met en garde contre certaines difficultés particulières à notre époque. Dans le chapitre suivant il propose un commentaire des béatitudes : « Jésus a expliqué avec grande simplicité ce que veut dire être saint, et il l’a fait quand il nous a enseigné les béatitudes (cf. Mt 5, 3-12 ; Lc 6, 20-23). »5 Dans le quatrième chapitre il détaille certaines caractéristiques de la sainteté dans le monde actuel, dont la nécessité de la prière : « Je ne crois pas à la sainteté sans prière, bien qu’il ne s’agisse pas nécessairement de longs moments ou de sentiments intenses. »6

Dans le dernier chapitre enfin, il prévient que les choses ne se font pas sans effort et il invite le lecteur a vivre la coutume de l’examen de conscience quotidien.

N’hésitons pas à revenir sur ce document dans notre prière : nous y trouverons des perspectives enthousiasmantes pour notre vie quotidienne.

Paul VI voyait dans l’appel à la sainteté le fil conducteur du concile Vatican II7. Il constitue également le cœur du message de saint Josémaria, que Jean-Paul II avait appelé en le canonisant, « le saint de la vie ordinaire ».

Pour conclure, voici quelques mots d’une homélie de saint Josémaria prononcée en 1967 sur un campus universitaire :

« Je vous assure, mes enfants, que lorsqu’un chrétien accomplit avec amour les actions quotidiennes les moins transcendantes, ce qu’il fait déborde de transcendance divine. Voilà pourquoi je vous ai dit, répété et ressassé inlassablement, que la vocation chrétienne consiste à convertir en alexandrins la prose de chaque jour. Sur la ligne de l’horizon, mes enfants, le ciel et la terre semblent se rejoindre. Mais non, là où ils s’unissent, en réalité, c’est dans vos cœurs, lorsque vous vivez saintement la vie ordinaire. »8

1Gaudete et exultate, n. 1.
2Constitution dogmatique sur l’Église, Lumen Gentium, n. 11.
3Gaudete et exultate, n. 10.
4Ibid, n. 14.
5Ibid, n. 63.
6Ibid, n. 147.
7« Cette pressante invitation à la sainteté peut être considérée comme l’élément le plus caractéristique de tout l’enseignement du Concile, et pour ainsi dire, sa fin ultime. » Bienheureux Paul VI, Motu proprio « Sanctitatis clarior », in « L’Oservatore Romano », 11 avril 1969.
8Saint Josémaria, homélie Aimer le monde passionnément, 8 octobre 1967.

 

 

 

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