Editorial de l’Arche

« Ce qui me frappe le plus dans l’Église : sa sainteté féconde, ordinaire. »

 

Dans son livre d’entretiens avec le chercheur français Dominique Wolton, publié début septembre, le Pape aborde les sujets les plus variés : la laïcité, la guerre, la politique, l’argent, la communication, la poésie, l’Islam etc1. Certaines pages sont particulièrement touchantes, par exemple quand le Pape dévoile des chapitres méconnus de son enfance et de sa jeunesse, où bien quand il ouvre son cœur de pasteur. C’est le cas vers le dernier tiers de l’ouvrage, quand Dominique Wolton pose la question suivante :

« Qu’est-ce qui vous étonne toujours dans l’Église ? »

La réponse est immédiate : « La foi du saint peuple de Dieu. Le courage de tant d’hommes, de jeunes, de consumer leur vie au service des autres. Il y a tellement de sainteté. C’est un mot que je veux utiliser dans l’Église d’aujourd’hui, mais au sens de la sainteté quotidienne, dans les familles … Et ça c’est une expérience personnelle. »2

Cette expérience d’un grand pasteur est une profonde source d’espérance : la sainteté, tout est là !

La sainteté quotidienne, dans les familles.

Le Pape poursuit :

« Quand je parle de cette sainteté ordinaire (…) vous savez ce que cela m’évoque ? L’Angelus de Millet. C’est cela qui me vient à l’esprit. La simplicité de ces deux paysans qui prient. Un peuple qui prie, un peuple qui pèche, et puis se repent de ses péchés.

Il y a une forme de sainteté cachée dans l’Église. Il y a des héros qui partent en mission. Vous les Français, vous avez fait beaucoup, certains ont sacrifié leur vie. C’est ce qui me frappe le plus dans l’Église : sa sainteté féconde, ordinaire. Cette capacité de devenir saint sans se faire remarquer. »3

Voilà une page qui peut nous aider alors que l’année et désormais commencée : prenons conscience du trésor que représente notre vie ordinaire. Une vie faite de journées souvent semblables mais que nous pouvons remplir d’amour de Dieu.

C’est la source de la joie de l’Église. Un peu plus haut le Pape reprend Dominique Wolton qui prétendait qu’il n’y a pas beaucoup de joie dans l’Église4 :

« Je crois que Thérèse d’Avila disait qu’un saint triste est un triste saint. Non, vraiment, la joie est au cœur de l’Évangile ! Prenez les premières pages de l’Évangile. Ce sont des pages de joie. Voyez ce que les gens entendent, quand ils écoutent Jésus parler. C’est plein de joie. »5

Ces mots du Pape nous rappellent que nous pouvons être des saints joyeux, simplement en sachant rencontrer le Seigneur dans nos journées, même dans nos activités les plus simples.

 

P. Henri du Vignaux

1Pape François, Rencontres avec Dominique Wolton, Politique et société. Éditions de L’Observatoire 2017.

2Ibid., p. 274.

3Id.

4Ibid., p. 225.

5Ibid., p. 229.

Les commentaires sont fermés.