Editorial de l’Arche



 

« Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu. »

C’est par cette antienne au psaume invitatoire que commence la prière liturgique quotidienne pendant tout le temps du Carême. Le Carême est un temps de combat. Non pas un combat contre des ennemis de chair et de sang, mais le combat de Dieu en nous : laisser sa grâce vaincre nos résistances, nos inconstances, nos esclavages, et coopérer de tout notre être à l’œuvre de sa grâce.

Jésus lui-même a voulu mener ce combat au désert, pour nous en montrer le chemin. Les quarante jours ne sont pas un symbole abstrait : ils disent la réalité d’une lutte intérieure qui se joue dans la fidélité. Prière, jeûne et aumône ne sont pas des pratiques accessoires mais bien des armes spirituelles. Le combat de Dieu est paradoxal : il n’est pas fait de grands exploits ascétiques ou d’héroïsme triomphant, mais de prière, de persévérance et de ce regret sincère de ne pas être suffisamment ce que Dieu voudrait que nous soyons.

Fixer les yeux sur Jésus-Christ, c’est refuser les séductions du tentateur, mais aussi la distraction et la dispersion. Pour fixer les yeux sur le Christ, il nous faut d’abord consentir à détacher notre regard de tout ce qui le sature au quotidien, et notamment l’omniprésence des écrans.

Nous constatons avec joie un signe des temps : de plus en plus d’hommes et de femmes frappent à la porte de l’Église, demandant le baptême ou redécouvrant la foi reçue dans l’enfance. Et beaucoup d’entre eux souhaitent vivre pleinement le Carême. Leur démarche nous stimule. Elle nous rappelle que nous courons toujours le risque de l’assoupissement spirituel ou du tiédissement de la charité, et qu’il y a un chemin de conversion qu’il nous faut sans cesse reprendre.

À ceux qui reviennent à la foi, à ceux qui la découvrent, à ceux qui la portent depuis toujours, l’Église propose le même chemin : se convertir.

Alors que ce Carême soit pour chacun un temps de vérité et de grâce. Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons résolument dans le combat de Dieu. Au bout du désert s’élève la victoire de Pâques, et c’est elle qui déjà éclaire nos pas.

Abbé Arthur Auffray, curé

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